VINATIER Emile : Différence entre versions

De Encyclopédie : Brigades Internationales,volontaires français et immigrés en Espagne (1936-1939)
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Emile Vinatier est né le 8 juillet 1913 à Paris 18<sup>e</sup>. Ses parents, Marcellin et Marie, tous deux antifascistes, ont migré en Corrèze, dans le Limousin, pour occuper un emploi de cultivateurs.
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Emile Vinatier est né le 8 juillet 1913, 38 rue Pajol à Paris (18<sup>e</sup>). Ses parents, Marcellin et Marie Chalard, tous deux antifascistes, ont migré à Affieux (Corrèze), dans le Limousin, pour occuper un emploi de cultivateurs. Suite au décès de son père, tué le 5 juillet 1915, Emile est déclaré pupille de la nation le 6 août 1919 par un acte de la chambre du conseil du tribunal civil de Tulle.
  
 
Sa scolarité se termine après l'obtention du Certificat d'Etudes Primaires.  
 
Sa scolarité se termine après l'obtention du Certificat d'Etudes Primaires.  
  
Son intérêt  pour la vie politique lui vient grâce à ses lectures et à la fréquentation de militants. Il adhère rapidement aux Jeunesses communistes puis au PCF, cellule de Veix, et ensuite à  celle d'Affieux.
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Son intérêt  pour la vie politique lui vient grâce à ses lectures et à la fréquentation de militants. Il adhère rapidement aux Jeunesses communistes en 1925 puis au PCF en 1928, cellule de Veix, et ensuite à  celle d'Affieux.
  
 
Mobilisé en 1934, il accomplit son service militaire dans l'Artillerie au 16<sup>e</sup> RADA de Clermont-Ferrand. Après sa démobilisation, il rentre en Corrèze et trouve un emploi de maçon cimentier dans une entreprise de Treignac.
 
Mobilisé en 1934, il accomplit son service militaire dans l'Artillerie au 16<sup>e</sup> RADA de Clermont-Ferrand. Après sa démobilisation, il rentre en Corrèze et trouve un emploi de maçon cimentier dans une entreprise de Treignac.
  
Il reprend son activité militante et adhère à la CGTU. Afin de parfaire ses connaissances politiques, il suit des cours élémentaires puis de cadres prodigués par le PCF.
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Il reprend son activité militante et adhère à la [[CGTU]] et au [[FSI]]. Afin de parfaire ses connaissances politiques, il suit des cours élémentaires puis de cadres prodigués par le PCF. Ceci l'amène à nouer des liens avec les militants communistes et syndicalistes tels Chirin, Biaugeaud, Prunier [[PRUNIER_Marcel|Marcel PRUNIER]] et Molinié.
Ceci l'amène à nouer des liens avec les militants communistes et syndicalistes tels Chirin, Biaugeaud, Prunier et Molinié.
 
  
 
Emile Vinatier participe activement aux mouvements de grèves qui éclatent dans le département, plus particulièrement à Soudaine-Lavignadière, en 1934 et 1935. A cette occasion, il est arrêté pour « rébellion à agents, discussion et attroupement de rue » et condamné par le tribunal de Tulle à 15 jours de prison avec sursis.
 
Emile Vinatier participe activement aux mouvements de grèves qui éclatent dans le département, plus particulièrement à Soudaine-Lavignadière, en 1934 et 1935. A cette occasion, il est arrêté pour « rébellion à agents, discussion et attroupement de rue » et condamné par le tribunal de Tulle à 15 jours de prison avec sursis.
 
Secrétaire de cellule de 1935 à 1938, il est également chargé de la propagande et des abonnements pour Treignac et Tulle.
 
Secrétaire de cellule de 1935 à 1938, il est également chargé de la propagande et des abonnements pour Treignac et Tulle.
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Emile était lecteur de "Regard", "Le Travailleur de la Corrèze", "Avant-garde", "La Terre", "L'Humanité" et particulièrement intéressé par les questions paysannes. Il assura la fonction de secrétaire de cellule de 1935 jusqu'à son départ en 1938 et il participa aux congrès de région et de rayon.
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Il écrivit quelques articles dans "L'Humanité" et "Le Travailleur de la Corrèze".
  
 
Avant son départ comme volontaire en Espagne républicaine, Emile Vinatier était célibataire  et demeurait à Merciel (commune d'Affieux) en Corrèze.
 
Avant son départ comme volontaire en Espagne républicaine, Emile Vinatier était célibataire  et demeurait à Merciel (commune d'Affieux) en Corrèze.
 
==L'Espagne==
 
==L'Espagne==
Le volontaire Vinatier arrive illégalement à Figueras, via Massanet, aidé par le PCF, le 2 avril 1938, après avoir passé les Pyrénées à pied, pour « lutter et vaincre le fascisme ».
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Le volontaire Vinatier arrive illégalement à Figueras, via Massanet, aidé par le PCF, le 2 avril 1938, après avoir passé les Pyrénées à pied [[Passage clandestin des Pyrénées]], pour « lutter et vaincre le fascisme ».
 
[[Fichier:VINATIER Emile.jpeg|vignette|droite|Emile Vinatier et ses camarades]]
 
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Incorporé dès le lendemain, il est affecté le 9 à la 14<sup>e</sup> BI, 1<sup>er</sup> Bataillon [[Commune de Paris]], 1<sup>ère</sup> Compagnie (OJ du 17 avril 1938) où il occupera le poste d'infirmier.
 
Incorporé dès le lendemain, il est affecté le 9 à la 14<sup>e</sup> BI, 1<sup>er</sup> Bataillon [[Commune de Paris]], 1<sup>ère</sup> Compagnie (OJ du 17 avril 1938) où il occupera le poste d'infirmier.
 
Le 20 avril il est puni de 5 jours de suspension de « prêt » pour absence à l'appel.
 
Le 20 avril il est puni de 5 jours de suspension de « prêt » pour absence à l'appel.
  
Il participe aux combats lors de l’[[Offensive franquiste d’Aragon]] puis de l'Ebre où il est blessé aux jambes à Gandesa.
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Il participe aux combats lors de l’[[Offensive franquiste d’Aragon]] puis de l'Ebre où il est blessé aux jambes à Gandesa [[Bataille de l'Ebre]].
 
Il est hospitalisé du 21 septembre au 1<sup>er</sup> octobre dans les hôpitaux de Reus, Gérone, Farnes de la Selva puis Mataro.
 
Il est hospitalisé du 21 septembre au 1<sup>er</sup> octobre dans les hôpitaux de Reus, Gérone, Farnes de la Selva puis Mataro.
  
Le 18 octobre il adhère aux « Amigos de la Union Soviética » (voir [[Solidarité]])  à Farnes de la Selva, puis au [[ PCE ]] (carnet d'affiliation n° 252934).  
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Le 18 octobre il adhère aux « Amigos de la Union Soviética » (voir [[Solidarité]])  à Farnes de la Selva, puis au [[PCE]] (carnet d'affiliation n° 252934).  
  
 
Il est jugé « courageux, discipliné actif et dévoué »
 
Il est jugé « courageux, discipliné actif et dévoué »
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Sur le formulaire de rapatriement, à la question : « que penses-tu des brigades Internationales »,  il répond :  
 
Sur le formulaire de rapatriement, à la question : « que penses-tu des brigades Internationales »,  il répond :  
 
<blockquote>« Je pense que l'organisation tant politique que militaire est très bien. A mon avis ici en Espagne elles ont jettées les bases de l'organisation des milices populaires en une armée populaire régulière forte et disciplinée capable de défendre l'Espagne du fascisme international. »</blockquote>
 
<blockquote>« Je pense que l'organisation tant politique que militaire est très bien. A mon avis ici en Espagne elles ont jettées les bases de l'organisation des milices populaires en une armée populaire régulière forte et disciplinée capable de défendre l'Espagne du fascisme international. »</blockquote>
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Dans ce document, il réaffirme ses convictions en répondant : « Lorsque les hommes luttent pour un idéal ou ses libertés, rien ne [peux] le vaincre, cette assertion est confirmée par le fait que les gardes mercenaires au vendu traitre Franco, doté d'un matériel de guerre italo-allemand formidable, n'a pas pu et ne pourra pas vaincre des hommes qui lutte pour leur pain leurs libertés et leurs indépendance. »
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Le nom d'Emile Vinatier figure dans ''El voluntario de la Libertad'' du 10 août 1938.
 
Le nom d'Emile Vinatier figure dans ''El voluntario de la Libertad'' du 10 août 1938.
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Le 3 novembre 1938, il se trouvait au centre de regroupement de Calella.
  
 
==Le retour==
 
==Le retour==
 
Il rentre en France à l'automne 1938 et revient à Affieux où résident sa mère et ses sœurs. Mobilisé le 26 août 1939, il rejoint le 16<sup>e</sup> RADA et arrive au corps le 2 septembre. Il est porté disparu en mer le 31 mai 1940 lors du naufrage du navire de guerre « le Siroco » au large de Dunkerque.
 
Il rentre en France à l'automne 1938 et revient à Affieux où résident sa mère et ses sœurs. Mobilisé le 26 août 1939, il rejoint le 16<sup>e</sup> RADA et arrive au corps le 2 septembre. Il est porté disparu en mer le 31 mai 1940 lors du naufrage du navire de guerre « le Siroco » au large de Dunkerque.
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Emile Vinatier est homologué " Mort pour la France " sous la référence AC 21 P 166850 par le Service historique de la Défense de Caen.
  
 
==Sources==
 
==Sources==
RGASPI (BDIC, Mfm 880/29, 545.6.1360)
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RGASPI (Moscou, F. 545. Op. 6. D. 1437) - Service Historique de la Défense de Caen - Arch. Départ. de Paris, Etat civil, cote 18 N 381, acte de naissance 2332 du 10 juillet 1913 - 1936 " Le Front populaire en Limousin ", les Ardents Editeur 2016.
  
 
Archives départementales de Corrèze (Fiche d'incorporation)
 
Archives départementales de Corrèze (Fiche d'incorporation)
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[[Catégorie: Brigadistes]] [[Catégorie: Age: 21 à 25 ans]]  [[Catégorie: Certificat d'Etudes Primaires]]  [[Catégorie: Formation Militaire : Artillerie]]  [[Catégorie: Cimentier]][[Catégorie: CGTU]] [[Catégorie: JC]]  [[Catégorie: PCF]] [[Catégorie: Ecoles du PCF]] [[Catégorie: Célibataire]]  [[Catégorie: Affieux]]  [[Catégorie: Arrivée en Espagne: Avril 1938]]  [[Catégorie: 14e BI]] [[Catégorie: Blessés]]
 
[[Catégorie: Brigadistes]] [[Catégorie: Age: 21 à 25 ans]]  [[Catégorie: Certificat d'Etudes Primaires]]  [[Catégorie: Formation Militaire : Artillerie]]  [[Catégorie: Cimentier]][[Catégorie: CGTU]] [[Catégorie: JC]]  [[Catégorie: PCF]] [[Catégorie: Ecoles du PCF]] [[Catégorie: Célibataire]]  [[Catégorie: Affieux]]  [[Catégorie: Arrivée en Espagne: Avril 1938]]  [[Catégorie: 14e BI]] [[Catégorie: Blessés]]

Version actuelle datée du 24 janvier 2025 à 00:32

Emile Vinatier est né le 8 juillet 1913, 38 rue Pajol à Paris (18e). Ses parents, Marcellin et Marie Chalard, tous deux antifascistes, ont migré à Affieux (Corrèze), dans le Limousin, pour occuper un emploi de cultivateurs. Suite au décès de son père, tué le 5 juillet 1915, Emile est déclaré pupille de la nation le 6 août 1919 par un acte de la chambre du conseil du tribunal civil de Tulle.

Sa scolarité se termine après l'obtention du Certificat d'Etudes Primaires.

Son intérêt pour la vie politique lui vient grâce à ses lectures et à la fréquentation de militants. Il adhère rapidement aux Jeunesses communistes en 1925 puis au PCF en 1928, cellule de Veix, et ensuite à celle d'Affieux.

Mobilisé en 1934, il accomplit son service militaire dans l'Artillerie au 16e RADA de Clermont-Ferrand. Après sa démobilisation, il rentre en Corrèze et trouve un emploi de maçon cimentier dans une entreprise de Treignac.

Il reprend son activité militante et adhère à la CGTU et au FSI. Afin de parfaire ses connaissances politiques, il suit des cours élémentaires puis de cadres prodigués par le PCF. Ceci l'amène à nouer des liens avec les militants communistes et syndicalistes tels Chirin, Biaugeaud, Prunier Marcel PRUNIER et Molinié.

Emile Vinatier participe activement aux mouvements de grèves qui éclatent dans le département, plus particulièrement à Soudaine-Lavignadière, en 1934 et 1935. A cette occasion, il est arrêté pour « rébellion à agents, discussion et attroupement de rue » et condamné par le tribunal de Tulle à 15 jours de prison avec sursis. Secrétaire de cellule de 1935 à 1938, il est également chargé de la propagande et des abonnements pour Treignac et Tulle.

Emile était lecteur de "Regard", "Le Travailleur de la Corrèze", "Avant-garde", "La Terre", "L'Humanité" et particulièrement intéressé par les questions paysannes. Il assura la fonction de secrétaire de cellule de 1935 jusqu'à son départ en 1938 et il participa aux congrès de région et de rayon.

Il écrivit quelques articles dans "L'Humanité" et "Le Travailleur de la Corrèze".

Avant son départ comme volontaire en Espagne républicaine, Emile Vinatier était célibataire et demeurait à Merciel (commune d'Affieux) en Corrèze.

L'Espagne

Le volontaire Vinatier arrive illégalement à Figueras, via Massanet, aidé par le PCF, le 2 avril 1938, après avoir passé les Pyrénées à pied Passage clandestin des Pyrénées, pour « lutter et vaincre le fascisme ».

Emile Vinatier et ses camarades

Incorporé dès le lendemain, il est affecté le 9 à la 14e BI, 1er Bataillon Commune de Paris, 1ère Compagnie (OJ du 17 avril 1938) où il occupera le poste d'infirmier. Le 20 avril il est puni de 5 jours de suspension de « prêt » pour absence à l'appel.

Il participe aux combats lors de l’Offensive franquiste d’Aragon puis de l'Ebre où il est blessé aux jambes à Gandesa Bataille de l'Ebre. Il est hospitalisé du 21 septembre au 1er octobre dans les hôpitaux de Reus, Gérone, Farnes de la Selva puis Mataro.

Le 18 octobre il adhère aux « Amigos de la Union Soviética » (voir Solidarité) à Farnes de la Selva, puis au PCE (carnet d'affiliation n° 252934).

Il est jugé « courageux, discipliné actif et dévoué »

Sur le formulaire de rapatriement, à la question : « que penses-tu des brigades Internationales », il répond :

« Je pense que l'organisation tant politique que militaire est très bien. A mon avis ici en Espagne elles ont jettées les bases de l'organisation des milices populaires en une armée populaire régulière forte et disciplinée capable de défendre l'Espagne du fascisme international. »

Dans ce document, il réaffirme ses convictions en répondant : « Lorsque les hommes luttent pour un idéal ou ses libertés, rien ne [peux] le vaincre, cette assertion est confirmée par le fait que les gardes mercenaires au vendu traitre Franco, doté d'un matériel de guerre italo-allemand formidable, n'a pas pu et ne pourra pas vaincre des hommes qui lutte pour leur pain leurs libertés et leurs indépendance. »

Le nom d'Emile Vinatier figure dans El voluntario de la Libertad du 10 août 1938.

Le 3 novembre 1938, il se trouvait au centre de regroupement de Calella.

Le retour

Il rentre en France à l'automne 1938 et revient à Affieux où résident sa mère et ses sœurs. Mobilisé le 26 août 1939, il rejoint le 16e RADA et arrive au corps le 2 septembre. Il est porté disparu en mer le 31 mai 1940 lors du naufrage du navire de guerre « le Siroco » au large de Dunkerque.

Emile Vinatier est homologué " Mort pour la France " sous la référence AC 21 P 166850 par le Service historique de la Défense de Caen.

Sources

RGASPI (Moscou, F. 545. Op. 6. D. 1437) - Service Historique de la Défense de Caen - Arch. Départ. de Paris, Etat civil, cote 18 N 381, acte de naissance 2332 du 10 juillet 1913 - 1936 " Le Front populaire en Limousin ", les Ardents Editeur 2016.

Archives départementales de Corrèze (Fiche d'incorporation)