DELBAERE André

De Encyclopédie : Brigades Internationales,volontaires français et immigrés en Espagne (1936-1939)
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André Delbaère est né le 28 août 1911 à Lille. Il est le fils d' Edmond Delbaère, "travailleur", et d’Adèle Prud'homme, décédée au moment de son engagement dans les Brigades.

Il passe le Certificat d'Etudes et suit une formation d'électricien pendant 2 ans.

Mobilisé en 1931, il effectue un an de service militaire au 153e régiment d'Infanterie à Bitche (Moselle) en Alsace où il obtient le grade de sergent et où il acquiert des connaissances en radiotéléphonie (section Transmission G.H.R.).

Il a d'abord travaillé à la Maison Coulon-Michel pendant environ 6 ans. A l'occasion des grèves de 1936, il a été délégué syndical pendant 6 mois, activité qui a "produit mon départ". Cet établissement employait entre 50 et 60 personnes en hiver et une vingtaine en été. Au moment de son départ pour l'Espagne il travaillait à la Compagnie électrique de Lille (Compagnie S.A.G.E.) qui se trouvait rue de la Gare et qui employait environ 150 travailleurs. Il touchait un salaire de 50 à 60 francs par jour. Entre temps il aurait séjourné en Syrie pendant 7 mois, en 1928.

Affilié à la CGT depuis 1936 dont le siège se trouvait rue Gambetta à Lille, il déclare avoir essayé de créer le syndicat des monteurs-électriciens mais sans aucun résultat.

En 1936 également, il adhère au PCF au sein duquel il était secrétaire de cellule et se livre à diverses activités: vente de l'Humanité, collage d'affiches, propagande, organisation des fêtes. Il participe aux manifestations et grèves à partir de février 1936.

Depuis cette même année il était membre des Amis de l'Union Soviétique. Il était également adhérent du Cercle d'Etudes Sociales de Lille.

Lorsqu'on lui demande quand il a commencé à s'intéresser au mouvement prolétaire il répond:

" lorsque j'ai le moyen de pouvoir lire (ici viennent des mots illisibles) et surtout par ce que j'ai appris de la vie (un mot illisible) par elle-même et puis par des camarades du PC."[...] "en 1920 je m'intéresse aux grèves. Puis des ouvriers me donnent des livres du Parti qui me permettent de comprendre ce que veut le communisme et pour diverses causes je n'entre au Parti qu'en 1935-1936."

Cependant quand on lui demande le numéro de sa carte du PCF il dit ne pas s'en souvenir et qu'elle lui a été prise par "le camarade Gilbert du Comité d'aide à l'Espagne ainsi qu'une lettre de recommandations".

Il déclare avoir étudié le marxisme, Lénine et Engels (plus précisément le Capital et la Dictature du Prolétariat) au Cercle d'Etudes Sociales de la faculté de Lille, lire les journaux, revues et autres édités par le Parti et que les questions politiques qui l'attirent le plus sont " le travail collective et la répartition en tout".

Marié et sans enfant, il habitait 14, rue Van Hende à Lille au moment de son départ pour l'Espagne.

L'Espagne

Il arrive en Espagne, aidé par le PCF et Le Comité d'Aide à l'Espagne Républicaine, en passant par les Pyrénées à pied, pour "aider nos frères en lutte", le 13 octobre 1937.

Il est affecté à la 14e BI, 9e bataillon « Commune de Paris », 4e compagnie. Il participe au front de Valdemorillo, aux combats de Caspe et Gandesa là comme agent de liaison (voir Offensive franquiste d’Aragon) et à la bataille de l'Ebre (combats de Corbera).

Il est blessé 3 fois: à Caspe il a une commotion due à un bombardement, à la bataille de l'Ebre, le 26 juillet 1938, il reçoit une balle au bras droit et à Corbera, le 12 septembre 1938, de la mitraille dans une jambe. Il est hospitalisé dans divers hôpitaux (Cambrils, Tarragona, à la clinique militaire n° 9 de Barcelone, Mataro et Vich). Il cite le lieutenant Marcel Guyot et le commissaire adjoint Marcel Bertin pour en attester.

Au sujet de ce qu'il a appris en politique et dans le domaine militaire il répond :

" Ici j'ai appris à être calme, à me fortifier politiquement dans la lutte contre le fascisme, que la politique dans l'armée était nécessaire pour bien des raisons. Et que la discipline et les sanctions de l'armée populaire étaient justes, et qu'ainsi nous avions à apporter des raisons et une force pour l'avenir dans nos pays."

Il déclare connaître assez bien les 13 points du Gouvernement d'Union Nationale de Negrin et les avoir étudiés et il pense que ces 13 points

" étaient de nature à maintenir une situation bonne en temps de guerre (mots illisibles) et à donner un élan à ceux qui (mots illisibles) luttent pour [un] avenir meilleur".

Au sujet de la politique du Front Populaire en Espagne, il affirme que c'est une

"politique juste qui permet de réunir tous les partis de gauche. Et qui a permis d'arrêter le fascisme, car pour le Front Populaire tous les prolétaires s'alliaient pour la lutte (fin de la phrase illisible)".

Et enfin, au sujet de la politique des B.I. :

"Je vois dans cette politique une leçon pour les démocraties faite d'énergie et non de recul et qui prouve que le prolétariat uni est invincible. Les B.I. ont démontrés qu'il fallait un commandement unique, une discipline et appliquer les ordres qui nous étaient donnés pour résister et vaincre. Et aussi qu'il fallait être éduqué politiquement et militairement. Et elles ont démontré le devoir du prolétariat de se défendre."

Dans un rapport signé Lucien BIGOURET (voir sa biographie) et daté du 20 octobre 1938, il est décrit comme un bon propagandiste qui a eu une bonne conduite mais qui se démoralise après les échecs. Il est précisé qu'il a fait preuve de beaucoup de courage en juillet 1938 à la bataille de l'Ebre mais que "blessé, il est revenu du front de Corbera avec un moral très diminué."

En ce qui concerne son attitude politique Lucien Bigouret pense qu'il "peut faire un orateur et un agitateur à condition de ne pas subir d'échec dans la lutte qu'il mène si elle est dure." Son défaut est qu'il "aime à critiquer les autres sans se rendre compte du mauvais travail qu'il accompli. Quant à son activité de militant d'août à octobre 1938 elle est qualifiée de "nulle" mais le signataire ajoute "nous ne pouvons rien dire avant cette date les copains qui le connaissent sont morts." A la fin du rapport il est qualifié de "bon antifasciste" mais de militant du Parti "moyen" et "d'élément à aider et à conseiller".

Résistant

André Delbaère fit partie des FTPF et fut déporté.

Sources

RGASPI (BDIC, Mfm 880/12, 545.6.1151) - Service Historique de la Défense (Vincennes GR 16 P 168946) et (Caen SHD|AC 21 P 631386)