LESZCZ Roman
Roman Leszcz est né le 11 novembre 1907 à Makozka en Pologne.
Très jeune, il s’en va à Varsovie où habite une de ses tantes. Il travaille dans un atelier. Membre du PC polonais depuis 1924, il est arrêté plusieurs fois (1924, 1926, 1928, 1930), pour « agitation communiste et résistance aux autorités », et doit s’enfuir en 1930.
Après un long périple par l’Allemagne, la Suisse et la Belgique où il se marie religieusement, il arrive en France en 1934 où habitent ses sœurs. Une de ses sœurs, Régine, était veuve de guerre. Il s’installe comme artisan tailleur et s’intègre dans la vie sociale et politique française (CGT, PCF, mouvance progressiste juive).
Marié, il demeurait à Paris.
L’Espagne
Arrivé en octobre 1936, il intègre le Bataillon Thaelmann de la 12 e BI. A peine formée, la Brigade est envoyée au front pour empêcher les troupes franquistes d’entrer dans Madrid ; les volontaires vont souffrir un terrible baptême du feu au Cerro de los Angeles. Puis le Bataillon prendra part aux combats de La Ciudad Universitaria, Aravaca (voir Bataille de Madrid,) Pozuelo, Majadahonda (voir Défense de Madrid) et ceux du Front du Jarama A la fin de la bataille de Guadalajara (mars 1937), il est rapatrié pour raisons médicales (« tuberculose pulmonaire à la base droite. Rhumatisme. »). Il est porteur, preuve de confiance de la part des autorités de la base, d’une missive pour Adami et Petrassi.
Rétabli, Roman Leszcz retourne en Espagne. Après avoir franchi illégalement la frontière (voir Passage clandestin des Pyrénées, il arrive, via Massanet, à Figueras le 16 septembre 1937. Le 18, il est envoyé à la base d’Albacete.
il est alors affecté à la 13e BI (Dombrowski). Avec cette brigade, il va combattre lors de l’ Offensive franquiste d’Aragon, puis en Extrémadure. En mai 1938, il était dans la section des transports et services de cette Brigade. En juillet 1938 il est nommé commissaire politique de la brigade et participe en tant que tel à la Bataille de l’Ebre.
Il écrira un article dans le journal Venceremos de la 12 e BI daté du 17 juillet 1938 où il conte son expérience :
«Teníamos entusiasmo y ganas de luchar, pero faltó eso, lo que hoy tenemos. Nos faltaba el ejercito único y disciplinado. Nos faltaba un Gobierno fuerte qua pudiera unir a todo el pueblo español.” (Nous possédions l’enthousiasme et l’envie de lutter, mais il manquait ça, ce que nous possédons aujourd’hui. Il manquait un gouvernement fort qui pouvait unir tout le peuple espagnol. »
Il a été soldat, ensuite caporal et délégué du groupe de langue slave de la batterie Thaelmann.
En attente de son rapatriement (voir Retrait des Brigades Internationales), il était en décembre 1938 au Centre de démobilisation de Calella.
Il sera blessé trois fois. Lors d’une de ses blessures, atteint à la jambe, un médecin espagnol veut la lui couper. Un médecin anglais s’interpose et lui évite la mutilation. (D'Onofrio Edoardo) EDO dans une note du 2 juillet 1940 indique : « Le comité du parti de la brigade, en 1938 (novembre) nous dit que LESZCZ a été un soldat discipliné, vaillant, et ayant des qualités d’organisateur. Notre commission sur la base de tout ce que nous venons de dire, lui a donné la carte du PCE 1938 et l’a signalé au PC polonais comme un bon camarade, cadre de base du parti, mais sur lequel il faut encore être attentif car on ne peut pas en lui complète confiance. Elément à suivre. »
La Résistance
Il s’engage en octobre 1939 dans le 12e régiment étranger d’Infanterie. Roman Leszcz est répertorié sur la liste des résistantes et résistants publié par le Service Historique de la Défense (Vincennes, dossier administratif référencé GR 16 P 368 110).
L’après-guerre
En 1949, il va faire partie des 62.000 polonais - soit près d’un sur cinq - qui rejoignent la Pologne pour y construire une Pologne socialiste. Il y restera jusqu’en 1961, année où il rentre en France et s’installe à Champigny. Il avait obtenu la nationalité française.
L’Espagne au cœur
Toute sa vie, il gardera l’Espagne au cœur. Ainsi, il prénommera sa fille Paquita et sera membre de l’AVER
Sources
LESZCZ-KERSULEC Paquita, sa fille – RGASPI (Venceremos, n°49 du 17 juillet 1938 - F.545 op. 6 d. 66) .