OPPMAN Thadée
Thadée (Tadeusz) OPPMAN est né le 6 janvier 1904 à Czestochowa (Pologne), de Félix (ingénieur des Chemins de Fer, propriétaire d’une entreprise de travaux publics) et de Stanislawa Markewicz.
Il terminait ses études en 1921 au lycée Mickiewicz à Varsovie. Il militait pendant ses études à l’association de la Jeunesse Polonaise Socialiste, avait été élu membre du comité central de cette organisation, et avait participé à la direction d’organes de presse comme Demain et Tournant. En mars 1922, il entrait au comité central de l’association des Jeunesses Communistes de Pologne, ce qui lui vaudra d’être arrêté mais dès sa libération il reprenait le travail d’organisation en tant que membre du secrétariat. En mai 1923, tous les participants à la conférence nationale des J.C. de Pologne furent arrêtés. Libéré rapidement sous caution grâce à son père, puis assigné à résidence à Varsovie, il partait illégalement pour Paris en 1924.
Devenu membre du Parti communiste français en 1925, il s’occupait spécialement de propagande parmi les Polonais du nord de la France. A l’automne 1925, il reprenait ses études de droit à Montpellier, et militait dans le milieu polonais de ouvriers et mineurs d’Alès. Ce fut à cette époque qu’il rencontra Jeanne Zebstein. Il poursuivit ses études à Paris à l’automne 1928 en même temps qu’il dirigeait le travail du PC et des syndicats dans les milieux polonais du nord de la France, jusqu’à devenir en 1930 secrétaire national de la commission du groupe polonais auprès du P.C.F.
Naturalisé français en mai 1931, il commençait son stage d’avocat auprès de Maître Vienney à Paris, intervenant notamment pour la défense des Polonais expulsés de France. Il effectua son service militaire d’un an (1932-1933) dans un régiment de cavalerie près de Paris.
En 1934, il partit en Espagne chargé par la Fédération Internationale des Avocats et Juristes d’enquêter et de protester contre la répression des mineurs des Asturies. Arrêté le 26 octobre 1934 en même temps qu’Octave Rabaté délégué par la CGTU arrivé à Madrid dans le même but, ils furent maintenus au secret ; une campagne fut déployée en France pour les faire libérer, et Thadée Oppman fut expulsé au bout de 3 semaines. Dès son retour, il milita pour la libération d’Octave Rabaté, expulsé à son tour au bout de 2 mois de détention. En 1936, il fut l’un des fondateurs et organisateurs du journal « Dziennika Ludowego », un quotidien de l’émigration polonaise en France.
Thadée Oppman parlait français, espagnol, allemand, polonais. Il vivait avec Jeannette Zebstein et ils habitaient rue Brancion à Paris 15e.
L'Espagne
Il arrive en Espagne le 10 octobre 1936 et participe à Albacete à l’organisation du bataillon Dabrowski puis part pour le front de Madrid avec le Bataillon Commune de Paris de la 11BI comme chef de section et responsable politique. Il est blessé à la Cité universitaire Bataille de Madrid et hospitalisé.
En mars 1937, il est affecté à l’école d’officiers de Pozo Rubio comme capitaine instructeur des recrues espagnoles.
Il passe ensuite à l’Etat-Major de la 13BI de la 35e Division et participe aux combats de Pozoblanco et Brunete.
Nommé à l’Etat-Major de la 35e Division, d’abord à la section des opérations puis comme chef d’état-major, il participe aux côtés du général Walter aux batailles de Quinto, Belchite et Teruel Offensive républicaine sur Saragosse de juillet à février 1938 (voir son récit).
En mars 1938, il est nommé chef d’état-major de la 13BI Dombrovski et pendant la retraite d’Aragon, il est grièvement blessé début avril 1938 près de Lerida, passe deux mois à l’hôpital de Valcarca (Barcelone) puis à S’Agaró ; atteint de gangrène, il subit plusieurs interventions médicales et il est rapatrié en France en juillet 1938 pour raison médicale.
Sa femme, Jeannette, arrivée en Espagne dès août 1936, rentre en France début décembre 1938 (voir Jeanne OPPMAN).
Le Retour
Après une année de convalescence, il reprenait son métier d’avocat. Mobilisé en septembre 1939, il fut fait prisonnier mais rapatrié en faisant passer ses blessures d’Espagne pour des blessures de guerre. Pendant les années d’occupation, il prenait part à la Résistance à Paris puis dans le Nord. Arrivé dans la région marseillaise en octobre 1941, il participe à la constitution des services du comité militaire FTPF en zone sud avec (voir Boris GUIMPEL. A partir de mars 1943, il est responsable du service de renseignements des FTP pour les régions militaires de Lyon et Marseille, puis de toute la zone sud. Fin août 1944, il rejoint le maquis de l’Azergue et participe aux combats du 1er Régiment du Rhône pour la libération de Lyon. Il rejoint le 127e groupe de FFI (FTA) de la campagne des Alpes du 4 septembre 1944 au 8 mai 1945 dans la région de Modane.
Son nom orthographié OPPMANN François figure sur la liste des résistantes et résistants, dossier administratif référencé GR 16 P 450948, publiée par le Service Historique du Ministère de la Défense.
Il se marie en 1953 avec Jeannette Zebstein qui avait participé à ses côtés dans la Résistance en zone sud, à Marseille puis à Lyon. Ils ont eu une fille née en 1944 sous le nom de guerre de sa mère, Jeanne Vérieux.
Thadée Oppman décède le 15 décembre 1958 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise dans le mausolée des Brigades Internationales.
Sources
RGASPI 545.6.668 - Service Historique du Ministère de la Défense – Famille Sylvie Khayat-Oppman