ARBOUSSET Samuel

De Encyclopédie : Brigades Internationales,volontaires français et immigrés en Espagne (1936-1939)
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Samuel Arbousset est né le 7 mai 1911 à Saumane, dans le Gard. Il était le fils de Frédéric Arbousset et de Valérie Martin, tous deux décédés au moment où il est parti en Espagne. Son frère Daniel vivait toujours à Saumane.

Après avoir obtenu le Certificat d’Etudes Primaires, il a commencé à travailler sur les chantiers, à l’âge de 13 ans, et dès cette époque s’est intéressé au mouvement ouvrier.

Il avait fait un service militaire d’un an, en 1931, à Draguignan, comme soldat dans l’Artillerie.

Au moment de son départ pour l’Espagne, il avait été embauché, après avoir été chauffeur, comme monteur électricien à la Compagnie électrique « La Parisienne » de Béziers ; il travaillait à l’électrification des voies ferrées, en tant que chef d’une équipe de 40 hommes. En 1936, il s’était syndiqué à la CGT (syndicat des monteurs électriciens, responsable de section en janvier 1936 et délégué des chantiers depuis 1936), avait adhéré au PC à Béziers (trésorier de cellule en janvier 1936) et au Secours Rouge International. Il a suivi plusieurs grèves de chantiers. Il n’a jamais été arrêté.

Il lisait l’Humanité, Front rouge et connaissait le Manifeste du Parti communiste.

Il était célibataire.

L’Espagne

Il arrive en Espagne dès le 4 octobre 1936, de manière illégale, pour « lutter contre les fascismes ».

Il est affecté à la Batterie internationale Ana Pauker, d’abord à l’E.M. Il est nommé lieutenant le 24 décembre 1936 et capitaine le 11 février 1938 (nomination officielle, par le Général Walter). A partir du 16 juillet 1937, il commande la Batterie Pasionaria du groupe Ana Pauker puis la Batterie Asturias à partir du 19 décembre. Il combat sur les fronts de Madrid (Cité universitaire, las Rozas), Jarama, Guadalajara, Brunete, Belchite, Quinto, Aragon et Ebre et se distingue par son comportement courageux. Il est en première ligne à Jarama, Guadalajara et Quinto.

Walter Roman indique dans un rapport sur les cadres du Commissariat de la guerre des Brigades internationales daté du 17 septembre 1938 qu’il est l’homme « le plus courageux » qu’il ait vu, « excellent camarade à tous points de vue », manquant d’éducation politique mais d’une « conscience de classe » parfaitement « à la hauteur ». Il est noté plusieurs fois comme un homme et un militaire très « consciencieux » et d’un « courage formidable », un cadre politique « même s’il n’a pas une grande éducation politique » (rapport du 10 octobre 1938, signé Jacob Mehr).

Le 7 avril 1938, alors que le groupe Ana Pauker est à Caudete, près d’Almansa, le capitaine Arbousset, attentif, trouve, « quelques instants avant l’ordre de départ, à l’entrée de la caserne, sur le pas d’une porte, à terre, porte donnant sur la rue à l’entrée de la caserne, un ancien couvent, un étui à mine de crayon contenant un papier chiffré » laissant supposer une trahison de la part de deux officiers qui seront identifiés.

Il est plusieurs fois félicité pour « acte de courage » par ses chefs : le 16 mars 1937 à Trijueque, le 24 septembre 1937 à Quinto, et à Muleton le 18 janvier 1938. Il a été cité à l’ordre du jour de la XIème BI et 35ème Division à Trijueque et à Quinto : « pour avoir à Trijueque été chercher au devant des lignes sous un feu d’artillerie intense 3 batteries ennemies et 8 tracteurs, à Quinto pour être allé à 200 m des fascistes avec une pièce d’artillerie pour faire un tir direct, à Muleton pour avoir avec sa batterie tiré jusqu’à la destruction complète de cette dernière par l’aviation ennemie alors que l’ennemi était tout proche ».

Il demande à adhérer au PCE le 12 octobre 1938. Il a une permission d’un mois en France, pendant laquelle il va chez un camarade de Massy en Seine-et-Oise. Il parle espagnol et un peu italien, mais n’a pas la maîtrise écrite de ces deux langues.

Dans le formulaire de rapatriement, il indique connaître et avoir étudié les 13 points du gouvernement d’union populaire du président Negrin ; il considère qu’ils
« s’adaptent très bien à l’heure présente et démontrent clairement au monde que la lutte qui se mène en Espagne n’est pas une lutte de parti mais une lutte d’indépendance et de progrès contre les forces obscurantistes ».
Il ajoute, concernant les Brigades internationales, que ces dernières
« ont remonté le moral lors de leur arrivée et démontré aux yeux du monde entier que les peuples ne sont pas d’accord avec la non-intervention à sens unique faite par leurs gouvernements respectifs », qu’elles « ont de plus par leur unité démontré la force et la puissance que peut acquérir le prolétariat mondial, nous tous unis ».
Il indique enfin avoir beaucoup appris en matière d’artillerie et avoir également beaucoup appris sur le plan politique :
« deux ans de guerre d’Espagne valent plus que des dizaines d’années de militant dans un pays en paix ».

Sur ce même formulaire, il demande à être rapatrié à Béziers, ville dans laquelle il indique ne pas avoir de parents et n’être pas assuré d’avoir du travail.

Rapatrié en France en décembre 1938, il est nommé à son retour membre du comité régional Aude-Hérault du Parti communiste.

Il meurt en juin 1939 dans un accident de voiture.

Sources

RGASPI (Moscou, F.545. Op.6. D. 1044 et D.1055)