BENOIST Jules

De Encyclopédie : Brigades Internationales,volontaires français et immigrés en Espagne (1936-1939)
Aller à : Navigation, rechercher

Né le 29 juin 1879, Jules Alphonse Benoist était issu d’une famille ouvrière militante mais non encartée : « mon père, militant lui-même a contribué avec quelques camarades à la création de la 1e Maison du Peuple, rue Charlemagne à Paris».

« Enfant du faubourg Saint-Antoine vivant au milieu de militants », il suit des cours d’écoles professionnelles et devient ouvrier d’art diplômé de la Ville de Paris.

Après avoir accompli son service militaire en 1900, dans le 26e Régiment d’Artillerie de Campagne, il participe « sur tous les fronts » à la 1e</sup Guerre mondiale qu’il termine avec le grade de lieutenant de réserve.

Il a exercé de nombreux métiers (ouvrier mouleur en bronze d’art, serrurier d’art….) et travaillé dans de nombreuses entreprises (Maison Artus pendant trois ans, entre autres..) et connu des périodes de chômage «  à maintes reprise, sans travail, renvoyé pour militantisme ». Membre de la CGTU dès 1920, puis de la CGT, « pendant les grèves de juin 1936, il est délégué syndical responsable de la région Champigny Avant de partir pour l'Espagne, il était « artisan travaillant pour moi-même ne pouvant travailler en atelier vu mes opinions connues ».

Membre du PCF, il a été secrétaire de cellule Cité Jardin de Champigny, membre du Rayon Nogent-Champigny. Il était également chargé de cours dans les écoles du « parti ».

Militant actif, il a participé à de nombreuses associations culturelles et politiques : ARAC, Paix et Liberté, FSGT où il a « toujours des fonctions », Comité Mondial des Femmes contre la guerre, SRI. En tant que membre des Amis de l'Union Soviétique, il a fait partie d’une délégation qui s’est rendue en URSS en 1935 et a fait plus de 150 conférences pour l’association. Il a été « arrêté à plusieurs reprises : tant qu’arrestations préventives qu’autres à la suite des manifestations de Rues ».

Marié, père d'un enfant, il était domicilié rue Charles Fournier à Champigny-sur-Marne (Seine).

l’Espagne

Il arrive, « officiellement » en avril 1937, déclare-t-il «  désigné par le parti comme instructeur d’artillerie et [pour] combattre le fascisme ». Après avoir franchi illégalement la frontière (voir article Passage clandestin des Pyrénées, il rejoint Figueras, via Setcases, le 24 septembre 1937, avec deux autres volontaires campinois, Théophile BARBE et Emile BONDOUY (voir les biographies de ces volontaires).

Après avoir été instructeur dans un groupe antitanks, il devient capitaine d’artillerie et commande une batterie d’artillerie lourde en Estrémadure (VIe Corps d’armée) du 21 octobre au 15 décembre 1937 puis sur le front de Tolède du 16 décembre 1937 au 23 octobre 1938.

En Espagne, il adhère au SRI (voir Solidarité). Il a bénéficié d’une permission d’un mois « en mission en France, tournée de Conférences pour l’Espagne ».

Sur le formulaire de rapatriement, qu’il remplit le 18 décembre 1938, il déclare qu’il a étudié les 13 points du gouvernement d’Union nationale de Negrin et il pense que
« c’est une déclaration très juste qui ne fait que rallier autour du Gouvernement de la République tous les Espagnols sans restriction et qu’il est plus que jamais nécessaire de répandre dans la zone occupée cette déclaration qui montre au peuple que la République peut grouper autour d’elle tous les citoyens sincères, aimant leur pays, la Paix la Liberté et l’Humanité. »
Il pense également que c’est une
« politique juste qui a groupé autour du Gouvernement les partis et organisations syndicales dans un front unique, seul capable de satisfaire les aspirations du peuple Espagnol et le conduire à la victoire sur le fascisme. »
Pour lui :
« Les Brigades Internationales ont été en Espagne la démonstration de la solidarité internationale en faveur d’un peuple qui est le symbole de la lutte pour ses libertés. Les Brigades ont collaboré avec les organisations et le gouvernement Espagnol à former la jeune et brillante Armée Populaire qui de plus en plus démontre sa force et a étonné le monde par sa résistance et ses combats derniers de l’Ebro et le Segre. Quant à l’organisation militaire, au point de vue artillerie, un commandement unique de cette armée aurait, il me semble, donné de meilleurs résultats au lieu de la dispersion du matériel et Commandement. Des groupes d’Art[illerie] et appartenant agissant avec les brigades de langue auraient fourni un travail plus efficace de cette arme qui à mon avis n’a pas été employé au maximum."

Il a appris que

« La lutte en Espagne est un grand enseignement pour tous les camarades : en effet nous y avons appris, tant du point de vue militaire que politique, de grandes choses. Militaires la nécessité de la classe ouvrière de savoir se servir des armes modernes afin de pouvoir répondre à un soulèvement ou une lutte du fascisme : au point de vue Politique le travail des Commissaires Politiques, le grand travail de l’unité réalisé, l’organisation du pays, le travail de gouvernement, etc etc »

Sources

RGASPI (Moscou, F. 545. Op. 6. D. 1075).