DELENCRE Robert

De Encyclopédie : Brigades Internationales,volontaires français et immigrés en Espagne (1936-1939)
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Ce volontaire est né le 27 ou le 29 avril 1907 à Orchies (Nord). Son père, Gilbert, était métallurgiste.

Il obtient le Certificat d'Etudes Primaires et, probablement au sortir de l'école, il travaille avec son père comme "tâcheron" dans le bâtiment.

Il effectue son service militaire pendant 11 mois, entre 1927 et 1928, à Valenciennes, au 509e Régiment de chars de combat, en tant que soldat de 2e classe. Il y acquiert des connaissances en mécanique.

Au moment de son départ pour l'Espagne il était cheminot aux Chemins de fer des mines d'Anzin qui employait 1700 ouvriers, pour un salaire de 1100 francs/mois.

Une note non datée et non signée précise qu'il était garde-frein et une autre, accrocheur de wagons.

Il avait également une formation de maçon et déclare avoir été au chômage pendant 4 ans.

En 1928, il intègre le syndicat des cheminots d'Anzin de la CGTU dont il fait partie de la commission exécutive et pour lequel il effectue la tâche de collecteur dans son entreprise.

En 1921 il adhère aux Jeunesses Communistes et en 1931 au PCF à Valenciennes où il est secrétaire de cellule et membre du comité de gestion. Il déclare s'être intéressé au mouvement prolétaire en 1928 "en travaillant à l'usine après discussion avec les camarades organisés dans la CGTU".

En 1931 il suit une école du Parti et participe au congrès des Jeunesses Ouvrières et Paysannes. Il prend part également à toutes les manifestations de la région depuis 1928 ainsi qu'aux grandes grèves de juin 1936.

Ses lectures sont l'Humanité, l'Enchaîné du Nord, les Cahiers du bolchévisme ainsi que toute la presse du PC et des études sur le marxisme. Il rédige aussi des articles concernant des problèmes locaux, dans l'Enchaîné du Nord, et participe également à la rédaction du journal de son syndicat.

Célibataire, il résidait chez son père 24, cité Talabot à Anzin, au moment de son départ pour l'Espagne.

L'ESPAGNE

Il arrive en Espagne, avec l'autorisation du Parti, le 12 juin 1938 (voir article Passage clandestin des Pyrénées, avec le convoi de Mathurin-Moreau "pour combattre le fascisme mondial". Sur une fiche non datée et non signée il est dit qu'il "fait partie de la liste des camarades ayant une certaine éducation du convoi".

Le lendemain, il est incorporé comme soldat à la 14e BI, Bataillon Commune de Paris, 4e Compagnie et plus tard au C.R.I.M. Il participe aux combats de Corbera, en particulier attaques de la cote 421, le 6 septembre 1938. Il passe en tout 17 jours au front, du 6 août au 23 septembre 1938.

En ce qui concerne les 13 points du Gouvernement Negrin il dit la chose suivante:

"Je penses que avec cela il est possible aux espagnols de faire l'union de leur nation contre les envahisseurs vu qu'ils ont toute garantie de pouvoir vivre en paix chez eux en dehors de toute brimade de la part des dirigeants républicains."

De même au sujet de la politique du Front Populaire en Espagne:

"Le Front Populaire d'Espagne est vraiment l'image du peuple en ce temps de guerre et mieux ce qui fait sa force c'est son union au sein des organisations qui le compose, ensuite sa fermeté de ne pas capituler devant l’ennemi." Et il pense que c'est une politique bonne et juste "parce que pour le moment il s'agit de gagner la guerre laissant les questions qui puissent nuire de côté".
Quant aux Brigades Internationales, il émet cette opinion :
"Des brigades internationales je penses qu'avec la volonté des gars qui les composées il aurait été possible de mieux faire si nous avions eu des cadres chose qui manquait au front.

L'organisation politique a jouer un grand rôle mais aurait encore pu mieux faire si chacun aurait pris sa tâche à coeur.

Le rôle qu'elles ont joué je n'est pas assez d'Espagne pour bien l'apprécier."
En Espagne il dit avoir appris
" dans le domaine militaire à résister devant l’ennemi" et "dans le domaine politique d'après les réunions les causeries données par les camarades dirigeants du Parti Communiste comment travailler pour l'unité dans l'armée et en dehors chez le peuple."

Il demande à être rapatrié à Anzin dans le nord où il a ses parents et des frères et sœurs.

Dans un rapport non daté Lucien BIGOURET (voir sa biographie) salue son bon comportement "dans tous les postes qui lui ont été assignés" et le présente comme "un bon propagandiste qui par son travail a pu élever le niveau politique de ses camarades". Il qualifie son activité de militant de juin à octobre 1938 de "très grande" et sa conduite personnelle de "bonne" et signale qu'il "a été désigné par ses camarades comme membre du comité du bataillon pour le travail du Parti". Il ajoute que l'opinion de ces derniers à son sujet est "que c'est un très bon camarade" et précise que c'est " un bon militant du Parti et un bon organisateur".

La Résistance

Un dossier de résistant homologué DR référencé GR 16 P 169 376 a été établi à son nom.

Source

RGASPI (BDIC, Mfm 880/12, 545.6.1151)